Transport routier : cap sur l’électrique… mais à quel rythme ?

Une transition engagée… mais encore marginale

Le transport routier de marchandises amorce sa mutation énergétique. L’électrique progresse, mais reste aujourd’hui très minoritaire dans le parc poids lourds.

Selon les données de l’Union TLF (avril 2026) :

  • Plus de 160 000 VUL électriques sont en circulation en France
  • Mais seulement 0,3 % des porteurs et 0,1 % des tracteurs routiers sont électriques

Autrement dit :
👉 la dynamique est réelle
👉 mais la transformation du transport lourd reste encore lente


Un enjeu majeur pour les acteurs logistiques

Derrière cette transition, un sujet clé :
l’adaptation des sites logistiques et industriels

Car passer à l’électrique, ce n’est pas seulement changer de flotte.
C’est repenser entièrement :

  • les infrastructures de recharge
  • les puissances électriques disponibles
  • l’organisation des flux et des temps d’exploitation

Un point déterminant :
👉 une borne adaptée poids lourd doit atteindre 300 à 400 kW pour permettre environ 300 km d’autonomie en 45 minutes


Des freins encore structurants

Le rapport met en lumière plusieurs blocages majeurs :

1. Le coût d’acquisition
Les poids lourds électriques restent nettement plus chers que les modèles thermiques.

2. L’infrastructure insuffisante
Les bornes réellement adaptées aux poids lourds sont encore rares.

3. Les contraintes réglementaires et techniques

  • poids des batteries
  • normes encore floues
  • cadre d’exploitation à sécuriser

4. L’incertitude économique
Les transporteurs manquent de visibilité à long terme (aides, fiscalité, énergie).


Les propositions du secteur pour accélérer

L’Union TLF formule plusieurs leviers structurants :

  • Allègement fiscal (exonération taxe à l’essieu)
  • Stabilisation des aides à l’achat sur 10 ans
  • Déploiement massif d’infrastructures de recharge adaptées
  • Mutualisation des coûts de raccordement électrique
  • Création d’un outil national de cartographie des bornes

👉 Objectif : rendre le modèle économique viable pour les transporteurs


Ce que cela change concrètement en immobilier professionnel

Pour les entreprises… et pour nous.

Cette mutation impacte directement :

  • la valeur des sites logistiques
  • la sélection des emplacements
  • les critères d’investissement

Demain, un site performant devra intégrer :

  • une capacité électrique suffisante
  • des aires de recharge poids lourds
  • une organisation des flux compatible avec les temps de charge

👉 Un actif sans capacité d’adaptation énergétique pourrait rapidement devenir obsolète.


Lecture terrain – Loire Océan Expansion

Sur l’arc Atlantique, nous constatons déjà :

  • une montée des demandes sur des sites “électrifiables”
  • une vigilance accrue des exploitants sur les puissances disponibles
  • une anticipation des grands comptes logistiques

La transition est lancée.
Mais elle ne se décrète pas — elle se construit.

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